« L’école ouverte au libéralisme ambiant »
L’école est en train de perdre son âme en abdiquant peu à peu toutes ses spécificités et sa culture propre.
Quel devrait être la mission de l’école la mission de l’enseignant ? Instruire , former l’esprit critique ,développer le sens de l’effort et de la solidarité humaniste et non médiatique. L’école constituait d’ailleurs une sorte de sanctuaire ou de détour permettant au futur citoyen de se préparer à la vie sociale.
Or L’école d’aujourd’hui fait exactement le contraire .On n’instruit plus, on communique et on formate en bannissant toute forme de différence tant chez les élèves que chez les professeurs.
En prétendant ouvrir l’école on l’a peu à peu fermée à la culture générale. En l’ouvrant sur le monde de l’entreprise on lui a peu à peu fermé les portes des valeurs universelles et des connaissances fondamentales. Car enfin quel est l’objectif essentiel de l’entreprise : faire de l’argent. Le mythe de l’entreprise citoyenne au service des nobles causes est une vaste supercherie exploitée depuis longtemps par les capitalistes américains de type J P morgan.
Ainsi on voit la culture d’entreprise coloniser l’école comme Coca Cola colonise les bureaux de poste avec ses distributeurs flambants neufs : culture du résultat, communication , management , avoir et faire savoir plutôt que savoir , paraître plutôt qu’être . On va jusqu’à faire signer des contrats prétendument pédagogiques à des jeunes désemparés en quête de leur identité ;sans doute veut on les préparer aux contrats à durée limitée qui les attend dans le monde du travail. On apprend même aux adolescents à gérer un portefeuille d’actions c’est-à-dire à s’enrichir en dormant. Simultanément on balance dans les oubliettes de l’histoire la crise de 1929 et la révolution de 1917.(pour les séries scientifiques et techniques)
La hiérarchisation croissante de l’éducation nationale va dans le sens de l’émergence de l’entreprise école .La loi a ainsi prévu la création de conseils pédagogiques sans doute pour faire perdre aux professeurs le dernier espace d’autonomie qui leur restait .Ils sont désormais sous la bonne garde des managers d’école et des experts en pédagogie administrative et normative, véritables chiens de garde du pédagogiquement correct.
L’ élève est devenu un partenaire à qui on fait suivre des entretiens de progrès adaptés à son origine sociale et le professeur une sorte d’interface polyvalente et interchangeable à la botte d’une communauté sous l’influence de l’idéologie libérale. Les connaissances approfondies et même élémentaires(orthographe) sont peu à peu évacuées au profit d’un savoir minimum culturel et d’activités valorisantes pour l’image de l’établissement (théâtre, ateliers divers, opérations caritatives)
Cette évolution pénalise forcément les catégories défavorisées qui ne peuvent plus combler leurs lacunes. Les héritiers peuvent quant à eux apprendre à cultiver leur sens de la distinction à l’atelier de poésie ou au spectacle de fin d’année .Les administrations , les dames patronnesses reconverties en représentantes des parents et les élus locaux prendront même le temps d’écouter les petits rappers le temps d’un trop court entracte dédié à la culture populaire.
à suivre …
bob
l’objectif premier de l’entreprise est effectivement la création de valeur pour les détenteurs de capitaux. Les techniques de management ont été créées pour optimiser le résultat économique. Utiliser ces techniques pour transmettre des connaissances n’a donc pas de sens. Apprendre est une affaire de temps et non de productivité
Comment par jyves — novembre 5, 2007 @ 8:43