paroles libres de profs

novembre 30, 2008

Réforme du lycée

Classé dans : école et libéralisme — bob @ 12:29

Nous ne sommes pas des chasseurs de primes

 

 

Ainsi donc Monsieur le ministre de l’éducation veut remettre les récompenses aux élèves au goût du

Nous ne sommes pas des chasseurs de primes

 

 

Ainsi donc Monsieur le ministre de l’éducation veut remettre les récompenses aux élèves au goût du jour ;des médailles pour les meilleurs  ! Il fallait y penser ! Sans doute seront-elles fabriquées en Chine.

Après les primes aux professeurs pour les heures supplémentaires on a l’impression de voir l’école transformée en immense surface commerciale à pensée conditionnée. A quand une bourse de type «  not 2 be » pour coter les professeurs les plus  performants .Les bulles spéculatives de type «  pédagogiste » ne manqueraient sûrement pas de gonfler.. ; et d’exploser au dessus de leur QI..Ou bien encore une grande braderie pour vendre les livres sans image et  les professeurs archaïques

Voici maintenant les primes pour les élèves ayant obtenu mention très bien au bac….Décidément Monsieur le ministre veut donner le goût de l’argent à l’éducation nationale

Dans une société déjà trop matérialiste on en rajoute encore pour transformer nos chers  élèves en winners , spécialistes du gain financier et de la communication.. On est loin des valeurs humanistes.

On voit ainsi  l’école progressivement  investie par l’idéologie et la pratique libérale ..Les chefs d’établissements se prennent pour des chefs d’entreprise et passent leur temps  à faire  de la surenchère médiatique ou du management bas de gamme De même ,Les pratiques pédagogiques sont largement inspirées de la culture d’entreprise : objectifs , contrats , image , communication , crédit de points ,prime , entretiens individuels , stages de motivation  , techniques de « coaching »etc..

Nul doute que ces nouvelles dispositions vont entraîner l’organisation de cérémonies burlesques de remise de médailles en présence du maire et des élites économiques régionales. Le tout sera sponsorisé par quelque entreprise locale pouvant éventuellement y décrocher un contrat juteux .ou y recruter des ouvriers ponctuels et  consciencieux. D’ailleurs, on commence déjà  à associer les D R H aux pratiques pédagogiques dans les lycées techniques.

L’école est donc à vendre et les profs sont transformés en chasseurs de primes simples exécutants des ordres ministériels.

Après avoir copié le modèle militaire au début du vingtième siècle l’école  reproduit le modèle de la culture d’entreprise. Du lycée caserne au lycée supermarché il n’y avait qu’un pas ; la mise au pas que les élites veulent nous imposer .Dans le lycée de demain on fera ses courses dans des galeries marchandes et chaque citoyen remplira son caddy en fonction de son niveau social. Des matières peu communicantes (la physique ou l’étude des classiques),   peu rentables,  ou même dangereuses (l’économie par exemple) seront introuvables.Des exécutants  zélés auront remplacé les professeurs et  la grève sera interdite par la communauté éducative. .Les syndicats plus que jamais reconnus se déclareront toujours vigilants….

BOBBY

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

juillet 1, 2008

évaluer ou noter

Classé dans : école et libéralisme — bob @ 11:19
  1. Compte rendu de la réunion pour C

 

La réunion du 30 juin a démontré une fois de plus l’emprise croissante de l’administration dans le domaine pédagogique 

Ainsi une commission était prévue pour discuter de l’évaluation .elle  visait à introduire une vision psychologisante de l’évaluation. ;(prise en compte du comportement , des efforts , du bon sens )ceci au détriment de la notation reposant sur l’appréciation objective des connaissances.

Cette commission n’a finalement pas eu lieu mais on voit bien le processus s’enclencher.

 

 De meme la pratique du tutorat est reconduite et on a pu voir les initiateurs de cette pratique devenir par un curieux chassé croisé des administratifs zélés .Ils  ont d’ailleurs été félicités en assemblée générale Une demande a même été formulée pour étendre aux autres niveaux cette pratique. Je suis intervenu pour en contester l’opportunité.la proposition n’a finalement pas été retenue.

 

Par ailleurs on a pu constater la dérive libérale de la gestion du personnel enseignant ;

Ainsi la suppression des vœux  d’emploi du temps vise à introduire une flexibilité croissante .Certes on peut encore invoquer des contraintes mais  de manière restrictive et le choix des termes est de toute manière  révélateur. La prochaine étape est sans nul doute l’annualisation. La hiérarchisation des professeurs par le biais du conseil pédagogique  soutenant nombre de ces projets va dans le même sens.

On observe une banalisation rampante de cette hiérachisation à travers la mise en place de relations privilégiées  et la prise de postures révélatrices.

 

Le snes  est intervenu pour la question des vœux ; j’étais allé voir un des ses représentants  juste avant la réunion. La réponse de l’administration a été celle d’une …administration :en substance ; il y a des contraintes , on travaille sur cinq jours etc

 

Fo est intervenu sur la question pédagogique mais  à mon avis son message n’a pas été bien compris.Son représentant voyait pourtant juste.

Par ailleurs on a senti surtout beaucoup de suivisme voir d’adhésion

 

bob

 

mars 1, 2008

vacances des professeurs

Classé dans : générale — bob @ 11:39

A PROPOS DES ENSEIGNANTS

LE TRAVAIL DES PROFS (par Laurent Tarillon)

Actuellement, le temps de travail d’un enseignant de collège ou de Lycée est de 18 heures par semaine (20 heures pour l’EPS). C’est, pour les professeurs certifiés, le seul élément fixe et clair relatif au temps de travail qui leur est demandé. Il a été fixé par un décret datant de1950.

Rendez-vous compte ! 18 heures par semaine ! Quel salarié ne voudrait pas travailler aussi peu pour d’aussi bons salaires ? (27 h semaine pour un instit, c’est dèjà plus raisonnable !)

Comment le législateur a-t-il pu créer en 1950 un statut aussi avantageux ?

En fait, ce temps a été conçu en prévoyant qu’un enseignant travaille 1,5 heures chez lui pour une heure devant élève afin de préparer ses cours, évaluer les élèves et actualiser ses connaissances dans sa discipline. Cela fait 18 fois 2,5 heures (1 devant les élèves et 1,5 à la maison), soit 45 heures hebdomadaires.

En effet, le temps de travail légal de l’époque s’il était légalement de 40 heures par semaine, était en réalité d’environ 42h par semaine, sur 50 semaines.

Mais que s’est-il passé depuis pour les enseignants ? Rien ! Alors que pour les autres salariés il y a eu la 3ème semaine de congés payés en 1956, puis la 4ème en 1969. Les 40 heures réelles ont été atteintes au début des années 70 (elles étaient un droit depuis 1936).

Mais ça n’est pas fini : il y a eu les 39 heures et la 5ème semaine en 1982, puis les 35 heures en 2000. En somme, le temps de travail hebdomadaire pour les salariés a baissé de 25%. Mais les enseignants doivent toujours le même service.

C’est au moins un enseignant qui écrit cela, vous dîtes-vous en lecteur éclairé ! Certes je l’avoue, je fais partie de ces privilégiés. Car comment peut-on parler de temps de travail sans parler des vacances ?

Eh bien justement, le législateur a tout prévu et cela de deux façons : D’abord, 45 heures dues quand les autres devaient 42, ça c’est pour les petites vacances (Toussaint, Noël, Pâques). Donc notre temps de travail était annualisé. Mais, et les 2 mois d’été alors ? Là, c’est un tout petit peu plus compliqué. Certains enseignants ne le savent même pas d’ailleurs. Cela se situe au niveau de la grille des salaires. Notre grille a été, elle aussi, fixée en 1950 au même niveau que les autres cadres de la fonction publique recrutés avec un concours au niveau Bac +3. Mais à cette grille, il nous a été retiré 2 mois de salaires, puis le résultat a été divisé par 12 (pour recevoir un salaire chaque mois). Par exemple si un inspecteur des impôts est payé 2000 Euros par mois il recevra 24000 Euros par an, alors que pour la même qualification,  un enseignant recevra aussi 2000 Euros par mois mais sur 10 mois, soit  20000 Euros par an. Cette somme est ensuite divisée par 12 et donne 1667 Euros par mois.

Eh oui, chers lecteurs, les enseignants ne sont pas payés pendant les grandes vacances. Oui bon d’accord, peut-être que nous ne sommes pas si privilégiés que cela concernant le temps de travail. Mais côté salaires, quand même, nous ne sommes pas à plaindre !

Soit, comparons : Nous sommes nettement en dessous de la moyenne des cadres du privé comme du public. Mais, à mes yeux, l’exemple le plus frappant de la dégradation de la valeur que la nation accorde à ceux qui éduquent ses enfants est le suivant : Le salaire de départ d’un enseignant en 1970 était 2 fois supérieur au SMIC. Aujourd’hui, il n’est plus que 1,2 fois plus élevé. Autrement dit, si comme le PS l’a écrit le SMIC augmentera de 25% au cours des 5 ans à venir (et l’UMP l’a augmenté au même rythme annuel dès cette année), un enseignant débutant gagnera moins que le SMIC.

Faudra-t-il en arriver là pour que la société se rende compte de la dégradation de notre situation?

Je n’évoquerais pas les conditions de travail, l’évolution des élèves, les réunions multiples, Alors oui, le décret de 1950 est vieux ! Il est vraiment temps de le toiletter comme le disent nos gouvernements ! Mais dans quel sens ? En travaillant plus pour gagner autant ?

Laurent TARILLON, Enseignant de sciences économiques et sociales, Grenoble. Merci de faire suivre aux enseignants et à ceux qui voient notre métier comme le nec plus ultra !

 

décembre 1, 2007

Le modèle de la poubelle

Classé dans : revue de presse — joseph @ 11:33

Selon James March, théoricien des organisations.

” L’anarchie organisée est une organisation présentant les caractéristiques suivantes:

  • Elle poursuit des objectifs multiples qui ne sont pas strictement hiérarchisés. Ses préférences sont incertaines, soit parce que le décideur unique n’a pas une idée très claire de ce qu’il veut pour son organisation, soit parce que plusieurs décideurs ont des préférences incompatibles entre elles.
  • Elle utilise une technologie floue, imparfaitement maîtrisée; on comprend mal le lien entre les ressources engagées et les résultats obtenus, et l’on n’est pas sûr des effets que produisent les actions que l’on mène. C’est une situation habituelle dans l’enseignement et fréquente dans la gestion des ressources humaines, la création publicitaire, les services de soins psychologiques, etc
  • Les membres de l’organisation ont plusieurs activités en parallèle et participent de façon variable aux processus de décision. Ils s’impliquent en fonction de leurs propres objectifs et de la place qu’ils pensent pouvoir tenir dans la solution. Ce sont des situations courantes dans les associations et les syndicats.
  • Les problèmes, les participants et les solutions possibles se présentent dans un ordre qui n’obéit à aucune règle, comme des papiers jetés au hasard dans une corbeille. Et cet ordre, pour aléatoire qu’il soit, a beaucoup plus d’influence sur les choix de la direction que les mérites intrinsèques de telle ou telle solution. Les décisions prises, la rapidité de résolution des problèmes et la proportion de ceux qui resteront sans solution en dépendent.
  • Les membres de l’organisation ne cherchent pas seulement à trouver des solutions aux problèmes posés. Ils s’efforcent de se mettre en valeur en suscitant ou en identifiant des problèmes qu’ils pensent être les plus aptes à régler.”

Source alternatives économiques – décembre 2007

novembre 22, 2007

NOUVELLE DISCIPLINE ; LA DELATION

Classé dans : on achève bien les chevaux — bob @ 7:41

On connaissait la délation entre professeurs , et bien le dernier cri du pédagogiquement correct c’est l’apprentissage de la délation aux représentants d’élèves.On a pu voir dans tel établissement l”administration demander aux élèves de lui rédiger un rapport sur un professeur un peu dépressif qui n’arrivait plus à assumer sa charge. Tout cela pour le bien de la communauté scolaire évidemment.Pas de quartier pour les maillons faibles…

Quelle belle société nous préparons .

novembre 10, 2007

Classé dans : école et libéralisme — bob @ 1:46

Vous êtes tous confrontés dans vos établissements à des “obligations de service” de plus en plus nombreuses et à une transformation radicale du métier d’enseignant en simple éxécutant.Vous êtes entrés dans le monde merveilleux de l’entreprise.

Simultanément on va vers une autonomie croissante des lycées dans le cadre d’une décentralisation et d’une déconcentration. L’ouverture des conseils d’administration aux personnalités extérieures (par exemple issues des chambres de commerce et d’industrie) va de pair. Ainsi dans les académies de Rennes de Bordeaux qui expérimentaient  l’application de la loi 2001 les conseils d’administration de plusieurs établissements sont présidés par de telles personnalités.

Le monde l’entreprise peut commencer à faire ses programmes sur mesure.

Le bassin de l’emploi est un espace essentiel de la nouvelle école.

novembre 5, 2007

L’école ouverte au libéralisme

Classé dans : école et libéralisme — bob @ 12:25

« L’école  ouverte au libéralisme ambiant »

L’école est en train de perdre son âme en abdiquant peu à peu toutes ses spécificités et sa culture propre.

Quel devrait être la mission de l’école  la mission de l’enseignant ? Instruire , former l’esprit critique ,développer le sens de l’effort et de la solidarité humaniste et non médiatique. L’école constituait d’ailleurs une sorte de sanctuaire ou de détour permettant au futur citoyen de se préparer à la vie sociale.

Or  L’école d’aujourd’hui fait exactement le contraire .On n’instruit plus, on communique et on  formate  en bannissant  toute forme de différence tant chez les élèves que chez les professeurs.

En prétendant ouvrir l’école on l’a peu à peu fermée à la culture générale. En l’ouvrant sur le monde de l’entreprise on lui a peu à peu fermé les portes des valeurs universelles et des connaissances fondamentales. Car enfin quel est l’objectif essentiel de l’entreprise : faire de l’argent. Le mythe de l’entreprise citoyenne au service des nobles causes est une vaste supercherie exploitée depuis longtemps par les capitalistes américains de type J P morgan.

Ainsi on voit la culture d’entreprise coloniser l’école comme Coca Cola colonise les bureaux de poste avec ses distributeurs flambants neufs : culture du résultat, communication , management , avoir et  faire savoir plutôt que savoir , paraître plutôt qu’être . On va jusqu’à faire signer des contrats prétendument pédagogiques à des jeunes désemparés en quête de leur identité ;sans doute veut on les préparer aux contrats à durée limitée qui les attend dans le monde du travail. On apprend même aux adolescents à gérer un portefeuille d’actions c’est-à-dire à s’enrichir en dormant. Simultanément on balance dans les oubliettes de l’histoire la crise de 1929 et la révolution de 1917.(pour les séries scientifiques et techniques)

La hiérarchisation croissante de l’éducation nationale va dans le sens de l’émergence de l’entreprise école  .La loi a ainsi prévu la création de conseils pédagogiques  sans doute pour faire perdre aux professeurs le dernier espace d’autonomie qui leur restait .Ils sont désormais sous la bonne garde des managers d’école et des experts en pédagogie administrative et normative, véritables chiens de garde du pédagogiquement correct.

L’ élève est devenu un partenaire  à qui on fait suivre des entretiens de progrès adaptés à son origine sociale et le professeur une sorte d’interface polyvalente et interchangeable  à la botte d’une communauté sous l’influence de l’idéologie libérale. Les connaissances approfondies et même élémentaires(orthographe) sont peu à peu évacuées au profit  d’un savoir minimum culturel et d’activités  valorisantes pour l’image de l’établissement (théâtre, ateliers divers, opérations caritatives)

Cette  évolution pénalise forcément les catégories défavorisées qui ne peuvent plus combler leurs lacunes. Les héritiers peuvent quant à eux  apprendre à cultiver leur sens de la distinction à l’atelier de poésie ou au spectacle de fin d’année .Les administrations , les dames patronnesses reconverties en représentantes des parents et   les élus locaux  prendront même le temps d’écouter les petits rappers le temps d’un trop court entracte dédié à la culture populaire.

à suivre …

bob

octobre 18, 2007

La pionne, plus rude la vie (scolaire)

Classé dans : radio — joseph @ 8:08

“ Camille est surveillante dans un collège classé ZEP, dans le quartier de Malakoff, à Nantes.

Ambiance tendue, insultes, indiscipline : un reportage sonore dans une école qui fait peur aux oreilles. Mais dont les difficultés sonnent juste.”

Une production Arte radio Raphael Dupleix
contrat creative commons

octobre 17, 2007

L’élève consommateur ?

Classé dans : revue de presse — joseph @ 9:20

“Quand vous pénétrez dans une classe de trente élèves, pour peu qu’ils soient socialement mélangés, vous vous retrouvez face à la France entière, un lieu incroyablement riche et divers. C’est pourquoi il me semble assez bête, comme c’est la mode aujourd’hui, de seriner que l’école doit « s’ouvrir » sur l’extérieur. Les gosses qui arrivent en classe sont déjà bourrés d’« extérieur », ils déboulent, la tête pleine de pub et l’histoire de leurs familles dans leurs sacs à dos. Ceux qui, aujourd’hui, proclament vouloir « ouvrir » l’école sont tous vendeurs de quelque chose : des fringues, des calculettes, des téléphones portables… “  Daniel PENNAC

Source interview Télérama 13 octobre 2007 Entretien

octobre 16, 2007

Pause sandwich

Classé dans : on achève bien les chevaux — bob @ 7:16

Un professeur à deux ans de la retraite travaille sur deux établissements . Cette dame va voir le proviseur adjoint pour un aménagement horaire ; en effet  en début de semaine elle n’ a pas de pause le midi  et doit  en plus se déplacer en voiture pour se rendre dans l”autre établissement. Le proviseur adjoint , un manager de 30 ans qui n’a jamais enseigné lui répond “vous n’avez qu’a prendre un sandwich”

bob

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